Juste une petite note pour dire à certains lecteurs à quel point leur commentaire peut mettre du baume au coeur. C’est vrai que j’ai commencé ce blog il y a bientôt trois ans maintenant pour tenter d’ouvrir une toute petite fenêtre sur ce que pense certains Chinois. Les choix sont à l’évidence personnels et réducteurs, mais je suis persuadé que l’on connaît très mal en France les opinions de bien des Chinois concernant tel ou tel problème. Les critiques adressées à la Chine le sont le plus souvent à son gouvernement et pas toujours en toute connaissace de la Chine et de sa complexité…
Et pour répondre directement à Lao Cai : bien évidemment que vous pouvez reproduire la traduction du texte que vous m’avez vous même conseillé, avec plaisir ! Un blog est par définition un lieu ouvert à tous et qui peut être reproduit à volonté sans question de droits d’auteur. Par contre je ne peux pas garantir une traduction correcte à 100%, à vous de vérifier.
Je vais tenter de ne pas complètement oublier ce blog pendant les jours à venir mais quand on travaille dans les relations publiques pendant les Jeux Olympiques à Pékin, pas facile de trouver beaucoup de temps libre…
Posté par Olivier sous Société à 11:23 PM HKT
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Troisième et dernier volet de ce billet écrit par un membre du Parti communiste qui a trouvé avec son blog la possibilité de s’exprimer. Je voulais d’autant plus traduire ce blog qu’il n’est pas si fréquent de voir des quinquagénaires utiliser ce mode d’expression, surtout quand ils sont issus du commun du peuple et ne peuvent pas se servir de leur notoriété pour attirer les lecteurs.
Voici un blog avec substance, ce qui est malheureusement rarement le cas de ces stars qui n’ont vraiment rien à dire… mais le disent abondamment.
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J’ai récemment regardé la télé par hasard et mon attention a été attirée par les sujets concernant la vie du peuple durant le 17e Congrès. « Se développer pour le peuple, se développer grâce au peuple, partager les fruits du développement au sein du peuple » ; « établir complètement une société aisée au niveau plus élevé bénéfique à une population de plus d’un milliard » ; « partager au sein du peuple les fruits du développement culturel » ; « accélérer la construction sociale dont l’accent est placé sur l’amélioration de la vie du peuple »…
Quand on ouvre le rapport du 17e Congrès, les sujets concernant la vie du peuple sont omniprésents du début à la fin. Qu’il s’agisse des politiques stratégiques du Parti ou de l’Etat ou de l’éducation, de la santé et de l’assurance sociale qui tiennent tant à cœur au commun du peuple, on peut trouver partout des discussions ayant trait à la vie du peuple. Toutes les lignes regorgent de la sincérité du bon fonctionnaire et d’un profond amour pour le peuple.
Selon Hu Jintao, sur la base du développement économique, il faut faire encore plus attention à la construction d’une société dans laquelle le peuple puisse connaître le bonheur, la bonne santé et la tranquillité, faire tous les efforts pour garantir et améliorer la vie du peuple, faire avancer la réforme du système social, accroître les services publics, améliorer l’administration de la société, accélérer la justice sociale, s’efforcer de rendre possible pour toute la population la possibilité d’étudier, d’obtenir un emploi et des soins, une retraite, un logement, ceci afin de construire une société harmonieuse. C’est la promesse du Parti Communiste à 1,3 milliard de Chinois.
Le rapport du 17e Congrès insiste sur le fait suivant : « Tous les combats et les tâches du Parti ont pour but de bénéficier au peuple. » Le peuple et les masses constituent le fondement de la politique du Parti, la nature du Parti l’oblige à conserver avec eux une relation de chair et de sang. Le socialisme à particularités chinoises, dont le grandiose drapeau est porté bien haut, et l’établissement complet d’une société aisée, qui est en cours, sont inséparables ne serait-ce qu’un instant du soutien et de la participation du peuple et des masses. Si ils prennent leur distance par rapport au peuple et aux masses, voire même portent atteinte à leurs intérêts, ils violent le principe de base du Parti servant le peuple avec tout son cœur et sa volonté et détruisent le fondement de la politique du Parti.
Cependant, bien que le Comité Central du Parti, avec Hu Jintao à sa tête, ait la volonté de porter attention à l’amélioration de la vie du peuple, en Chine, toutes les politiques sont locales. On ne peut ignorer le fait que derrière les énormes problèmes de subsistance du peuple se trouvent de complexes handicaps au niveau du système, tels qu’un mode de développement économique plutôt dépassé, de sévères déséquilibres régionaux, des inégalités structurelles etc.
Alors que le gouffre séparant les riches des pauvres est devenu un fait grave, que la ligne de survie des couches défavorisées subit sans cesse de nouvelles attaques, que règne la corruption et la pollution de l’environnement, si les bénéfices des réformes ne bénéficient pas au peuple et que les conséquences des réformes continuent de porter atteinte au bien-être matériel de la majorité du peuple, cela ne peut que provoquer de furieux conflits au sein de la société.
Nous attendons de voir avec nos propres yeux quand est-ce qu’il nous sera possible de vivre des jours meilleurs. Car le peuple, qui mûrit progressivement, ne se contente plus de croire à des promesses mais fait confiance aux résultats finaux.
Pour garantir que la grande tache du 17e Congrès soit menée à bien et que les fruits des réformes bénéficient au peuple, j’estime qu’il faut lui laisser faire entendre sa voix librement, sa voix constituant la garantie de sa subsistance. Ce n’est qu’en prenant compte de l’opinion du peuple que l’on peut éviter la continuation d’une règle latente qui nuit à sa subsistance : le gouvernement central émet ses politiques mais les fonctionnaires locaux prennent des mesures pour y faire face.
(En d’autres termes : quelle que soit la bonne volonté du gouvernement central pour passer des lois et prendre des mesures dans l’intérêt de la population, les gouvernements et fonctionnaires locaux trouveront toujours des solutions pour contourner ces lois et continuer à tirer profit de leur position au niveau local, loin de la supervision du gouvernement central. Ceci reflète un argument que l’on entend souvent en Chine : les dirigeants du pays agissent pour l’intérêt général et veulent véritablement résoudre les problèmes du peuple alors que les mandarins locaux agissent trop souvent pour leurs intérêts personnels.)
Le pouvoir du gouvernement lui est conféré par le public, qui doit en bénéficier. Le public espère voir le pouvoir circuler au grand jour. Car en dehors du fait que les membres du gouvernement fassent office de bons membres de la fonction publique au service du peuple, ils n’ont aucun pouvoir.
Laisser le pouvoir circuler au grand jour, c’est le fondement de la civilisation politique. Ce n’est qu’en laissant le pouvoir circuler au grand jour que l’on peut pleinement contrôler les coûts de l’administration gouvernementale et contrôler la corruption, car le grand jour est l’ennemi naturel de la corruption.
Il est difficile d’espérer que le pouvoir se cachant dans une boîte sombre puisse résister à l’attrait de la corruption. Un pouvoir sans transparence est un terreau fertile pour la corruption et l’utilisation du pouvoir public à des fins privées. Si le pouvoir circule au grand jour, le festin du peuple ne sera pas mis en solde, la transparence et la crédibilité du travail gouvernemental s’en verront améliorées.
Si le pouvoir circule au grand jour, ce n’est plus la peine de craindre la voix du peuple.
FIN
Posté par Olivier sous Politique, Société à 6:57 PM HKT
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Suite du billet posté la semaine dernière et dont la troisième et dernière partie est en passe d’être achevée - il reste encore quelques phrases clés à vérifiées pour éviter des erreurs de traduction.
La parole est à nouveau donnée à un membre du Parti Communiste qui s’adresse à ce parti auquel il a décidémment bien des choses à dire. (Texte original)
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Pour être franc, je n’ai pas porté si grande attention aux Congrès du Parti par le passé. Qu’est-ce que ça pouvait bien me faire qui montait ou descendait dans les rangs des bureaucrates. Les paroles des gens de peu n’ont guère d’importance, qui nous écouterait concernant les grandes affaires du pays ?
Depuis des temps anciens, ce sont les bureaucrates qui ont le pouvoir et qui le distribuent ; nous, le commun du peuple, n’avons rien à y voir. Nous souhaitons juste la sagesse des dirigeants et la paix pour le peuple, de bonnes pluies permettant de bonnes récoltes. Si les bureaucrates ne se montrent pas corrompus et violents et que la population ne lutte pas pour survivre, le commun du peuple a bien autre chose à faire que de s’intéresser aux changements de situation au sein de la bureaucratie. (…)
Un travail pour chacun, un salaire pour son travail, pouvoir être soigné en cas de maladie, être pris en charge à la retraite, pouvoir éduquer les enfants : ce qui nous préoccupe, le commun du peuple, c’est de pouvoir manger trois fois par jour, c’est notre femme et nos enfants et d’avoir un lit bien au chaud.
Nos ancêtres s’occupaient d’un lopin de terre, d’un bœuf, de leur femme et de leurs enfants, du lit tenu au chaud. Ils sortaient au lever du soleil et rentraient au coucher, vivant la vie d’agriculteur. Ou bien celle de marchands ambulants, de travailleurs de force pour les propriétaires terriens.
Nos grands-parents ne connaissaient pas le sens du mot “exploitation”, ils savaient uniquement que gagner les quelques sous permettant de faire survivre sa famille en travaillant dur était l’évidence même. Les fonctionnaires ne s’occupaient que de réclamer les récoles et de collecter les impôts, ils n’interdisaient pas au peuple de vendre leur marchandise sur la chaussée. A cette époque, il n’existait pas de projet ou de travaux dont le seul objectif était d’améliorer l’image d’une ville ou de celle de ses administrateurs et les mendiants pouvaient librement marcher dans la rue. Les habitants étaient très pauvres, mais du moment qu’ils avaient des petits-fils à la pelle, il y avait toujours quelqu’un pour s’occuper d’eux jusqu’à la fin.
Puis le communisme a pénétré en Chine, ce n’est qu’alors que le peuple a compris qu’il y avait une société plus avancée nous attendant. Au cultivateur son champ, au travailleur son poste, pas d’exploitation. Egalité pour tous : aux enfants leurs écoles, aux malades leurs hôpitaux, aux personnes âgées la perspective d’être prises en charge. Accompagnant nos aînés, nous sommes entrés dans la nouvelle Chine au système d’économie planifiée, les moyens de production appartenant au peuple, chacun étant rétribué en fonction de son travail et obtenant un maigre salaire tout juste suffisant à nourrir sa famille.
Mais le gouvernement nous avait promis que les malades seraient traités et les personnes âgées prises en charge. Nous travaillions donc sérieusement sans nous soucier de notre salaire. C’est comme ça qu’une Chine bien pauvre s’est rapidement développée.
En ce qui concerne le puissant système industriel du pays, en raison de nos efforts au travail et de notre frugalité, il a pu être perfectionné et a produit l’explosion de deux bombes (atomique et à hydrogène), le lancement de satellites dans l’espace et le soutien par le gouvernement de pays du tiers-monde. Est-ce que la moindre de ces réussites a été accomplie sans nos efforts et notre contribution ?
Mais aujourd’hui, au chômage à la maison, c’est pour des raisons économiques que nous avons du souci à nous faire pour nos trois repas quotidiens. Je ne sais pas pour quelles raisons la fortune qui appartenait à tout le peuple hier est devenue la propriété privée d’une minorité aujourd’hui. Nous n’avons plus de champ, nous avons aussi perdu l’usine qui nous permettait de nourrir la famille et sommes devenus une bande de pauvres diables sans le sou.
Nous pouvons abandonner la richesse accumulée hier, mais qu’on nous donne au moins l’occasion de vendre quelque chose le long d’une route et un endroit pour y poser un stand, de manière à ce que nous puissions de nouveau devenir indépendant.
Parlons de la retraite… Il n’est pas facile de trouver un emploi et de supporter seul sa famille. Considérons la structure familiale actuelle : un couple, 4 personnes âgées et un enfant. Ce serait extravagant (de notre part) d’espérer que ce couple au bien lourd fardeau puisse nous prendre en charge jusqu’à notre mort.
(La politique de l’enfant unique fait que, surtout dans les centres urbains, où cette politique est plus strictement appliquée que dans les campagnes, la plupart des couples issus de cette politique doivent non seulement s’occuper de leur enfant, mais aussi de leurs quatre parents et beaux-parents si ceux-ci sont dans une situation financière précaire.)
Cependant, la Chine d’aujourd’hui n’est plus pauvre. Qu’il s’agisse de l’est ou de l’ouest du pays, même dans les régions plus défavorisées, les gouvernements locaux se font la course pour construire des bâtiments plus luxueux les uns que les autres. La consommation luxueuse des bureaucrates devient chaque jour davantage le centre d’intérêt de la société.
Chaque région a ses expositions anti-corruption où sont montrées les maisons et voitures luxueuses des bureaucrates corrompus. Ce genre de luxe constitue un excitant particulièrement grave pour le commun du peuple, pour lequel l’éducation, la santé, l’emploi et l’achat d’un logement sont si difficiles.
Beaucoup disent avec envie : ce sont encore ces bureaucrates corrompus qui s’en sortent le mieux, qui ont des relations et des protections et qui peuvent se permettre de manger, se vêtir, se loger et se déplacer comme des nababs. Aujourd’hui, une sorte de « psychologie de l’admiration de la corruption » apparaît dans la société, une psychologie qui forme parfois un mécanisme d’encouragement à la corruption.
Nous avons tous un aspect psychologique négatif (nous poussant à être) conformes à la majorité. Lorsqu’on ajoute à cet aspect l’admiration pour la corruption, cela peut facilement produire un comportement de conformité qui amène à rationaliser la corruption et la rendre (plus acceptable) au niveau social.
Si le gouvernement, en vue de présenter une fausse image de la réalité, interdit au public d’attaquer la corruption des bureaucrates, celle-ci peut encore plus facilement s’institutionnaliser et il est encore plus difficile d’y mettre fin. Ce qui cause la succession, les unes après les autres, de vagues de bureaucrates corrompus.
à suivre (pour la troisième et dernière partie)…
Posté par Olivier sous Politique, Société à 1:46 PM HKT
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Voici un blog assez exceptionnel dont je dois la découverte à Lao Cai, auquel j’adresse un grand remerciement. Il me l’avait indiqué dans un commentaire du 14 octobre 2007… ce qui fait quelques mois déjà. J’avais plus ou moins abandonné l’idée de traduire des blogs à l’époque, faute de temps – ça n’a pas changé… Mais après lecture de ce texte, je me suis dit qu’importe le temps s’écoulant entre le premier et le dernier jour de la traduction, le texte en vaut la chandelle. Voici la première partie du texte, la seconde va suivre très bientôt.
Parole à un membre du Parti Communiste qui s’adresse justement au Parti.
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Je voudrais dire au Parti quelques paroles que j’ai sur le cœur.
Il y a déjà des années que je n’ai plus dit au Parti ce que j’ai sur le cœur. Non pas que je n’en ai pas envie, mais je ne trouve pas le Parti… Cela fait dix ans que j’ai été mis à pied (1).
(”xia gang” est un terme inventé par les autorités chinoises et signifiant littéralement “descendre de sa position” pour qualifier le fait d’avoir renvoyé à la maison des employés d’entreprises étatiques.)
Nous, les membres du Parti ayant été mis à pied, nous errons dans la société. Il n’est pas facile au Parti de venir me chercher, tout aussi peu facile pour moi de le trouver. Bien qu’il y ait encore un secrétaire du Parti dans mon ancienne unité de travail, l’unique lien que nous avons avec le Parti est le paiement chaque année des 24 yuan d’adhésion.
Bien sûr, le Parti ne nous a pas maltraités. Cette année, nous avons officiellement dit adieu à la vie de “mise à pied” pour entrer dans la grande cohorte des sans-emploi. La cellule du Parti de notre ancienne unité de travail a été dissoute, le Parti a donné à chaque membre un petit thermos à thé en acier inoxydable.
Je me souviens qu’il y a deux ans, le programme “préserver l’éducation avancée des membres du Parti” a été lancé au niveau national. Un certain nombre d’anciens membres du Parti “mis à pied” (à nouveau le terme « xia gang ») avaient espéré pouvoir profiter de cette éducation délivrée par les dirigeants concernés par la question, pour que nous conservions notre fraîcheur. Peut-être que ces dirigeants ont eu peur que nous posions trop de problèmes difficiles à résoudre ? Alors que tout le Parti mettait ce programme en place, nous, les membres ayant été mis à pied, avons continué à errer au sein de la société.
Je dis pour rire que le Parti sait peut-être que nous autres, vieux membres mis à pied, après avoir passé le test d’années de traversée du désert, sommes depuis longtemps déjà devenus de la viande séchée et qu’il n’est plus nécessaire de conserver notre fraîcheur. Nous n’avons plus rien à voir avec une éducation avancée.
Il m’est impossible de dire au Parti tout ce que j’ai sur l’estomac.
Depuis le 16e Congrès du Parti et l’établissement du nouveau concept “un Parti juste qui gouverne pour le peuple” sous l’égide du Secrétaire Général, le camarade Hu Jintao, une grande attention est apportée à la vie du peuple.
Toute une série de mesures ont été prises successivement dans cette optique et chacun connaît les slogans “le pouvoir s’utilise pour le peuple, les sentiments se rattachent au peuple, le profit se planifie pour le peuple”. Bien que, employé ayant perdu son emploi, je n’ai pas encore ressenti les bénéfices de cette politique du gouvernement central, je sais bien tout au fond qu’il n’est pas possible à un immense corps bureaucratique de changer en un jour le concept définissant le bénéficiaire de sa politique. Il faut du temps pour dénouer des relations d’intérêts compliquées et délicates, c’est pourquoi nous ne pouvons pas immédiatement ressentir les bénéfices de la nouvelle politique du Parti et du gouvernement central.
Mais comme les premières lueurs d’espoir sont déjà apparues, le Parti et le cœur du peuple sont encore plus rapprochés. Le 17e Congrès va bientôt débuter et je l’attends avec impatience. J’espère que l’ensemble du Parti va épouser de tout son cœur le concept du Secrétaire général: le bonheur du pays fait celui du peuple.
(Le 17e Congrès s’est tenu au mois d’octobre 2007 à Beijing.)
Mais la campagne visant à souffler un “vent harmonieux” dans la toile avant le 17e Congrès a déjà grandement diminué mes espérances. Je soutiens la lutte contre la pornographie et les fausses informations ainsi que le nettoyage de l’environnement dans Internet. Mais pour ce qui est de supprimer ou d’interdire des messages qui reflètent les conditions de vie ou les opinions du peuple, je ne suis pas d’accord.
Pour améliorer la vie du peuple, il faut d’abord comprendre ses sentiments. Pour lutter contre la corruption et insuffler au corps bureaucratique un nouveau concept quant au bénéficiaire de la politique gouvernementale, il faut d’abord laisser le commun du peuple participer et lui laisser émettre différentes opinions. Qu’il n’y ait plus dans l’internet que des paroles pleines d’éloges n’est pas un signe que la “société harmonieuse” est déjà construite. Car une société harmonieuse ne veut pas dire une société dans laquelle on s’écarte poliment au passage des Mercedes-Benz et des BMW klaxonnantes des dignitaires.
J’estime que ce “nettoyage” et cette “harmonie” de la toile sont des obstructions à la libre expression. Ils font que la politique de la nouvelle génération de dirigeants visant à s’approcher du peuple reste pure théorie.
Bon, eh bien si on ne nous laisse pas parler, n’en parlons plus !
Pour être franc, lorsque le 17e Congrès s’est ouvert en octobre, j’ai vraiment pas souvent surfé dans la toile, je n’ai pas regardé les infos télévisées (règle gouvernementale : les pauvres diables qui n’ont pas de titre de propriété doivent payer 1000 yuan pour une boîte s’installant sur la télé afin d’avoir le droit de recevoir la télévision numérique). J’ai regardé toute une série de documentaires historiques. Ma télé inutilisée a diffusé un mois de “dossiers secrets de la BBC - les conflits du XXe siècle”, parmi lesquels la Première Guerre mondiale, la Seconde, la Guerre Froide, la Guerre de Corée, du Vietnam, celles du Moyen-Orient. Ces riches images historiques, les explications et commentaires raisonnables et justes m’ont amené à comprendre le precessus de développement historique d’un siècle d’une autre perspective. Encore aujourd’hui, notre télévision émet régulièrement des “pan pan” de fusils, des rugissements de tanks et le vrombissement des canons. On dit que l’histoire est un miroir…
à suivre…
Posté par Olivier sous Politique, Société à 11:18 PM HKT
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