Existent-ils des critères en Chine pour faire la différence entre revenus moyens et classe aisée et entre différents degrés de pauvreté ? Voici une bloggeuse qui nous présente les nouveaux standards officiels permettant de déterminer à quel groupe on appartient en Chine. Blog en Chine avait déjà présenté l’index de Gini, voici aujourd’hui les nouveaux critères vue par une personne qui semble travailler dans l’enseignement.
——
Bas revenus : entre 80 000 et 150 000 RMB/an
Pauvres : entre 30 000 et 80 000 RMB/an
Très pauvres : entre 10 000 et 30 000 RMB/an
Voici les standards de richesse et de pauvreté en Chine. En fonction de ces critères, il est évident que je suis pauvre. J’en suis ravie, car j’aurai bien des arguments dans l’avenir pour que le Ministère de l’Education augmente nos salaires. S’il n’y a pas d’augmentation pour que nous atteignions le niveau de la catégorie « bas revenus », le ministère risque de se sentir gêné
Quand j’ai vu ces nouveaux standards, j’ai d’abord eu du mal à les accepter. Puis j’ai réfléchi et j’ai regagné mon calme. Je me suis dis : combien de riches ont acheté des propriétés chères l’année passée à Guangzhou, Shenzhen, Beijing et Shanghai ? On peut dire que certains l’ont fait par spéculation, et même que d’autres ont emprunté pour spéculer. Mais combien même ils auraient spéculé, ils rentrent malgré tout dans la catégorie des riches. Comment est-ce que les gens du commun pourraient réussir à obtenir des sommes pareilles ?
Aujourd’hui, la plupart de leurs revenus ont été avalés par le marché immobilier et leur dettes sont supérieures à leurs revenus, on dirait que le rêve de richesse a été brisé !
(L’auteur fait référence aux prix de l’immobilier, qui ont commencé à baisser dans les principales villes ayant connu une inflation effrayante récemment. Shenzhen est l’exemple le plus typique, puisque le prix moyen au mètre carré est déjà descendu de 16 000 à 11 000 RMB. L’augmentation a cessé dans d’autres villes, mais les baisses sont encore très limitées. Les théories affluent quant à la branche immobilière et il y a globalement deux camps : ceux qui estiment que les chutes ne peuvent être que marginales car un écroulement du secteur immobilier pâtirait à l’économie chinoise en générale – surtout aux banques – et à ceux qui se sont endettés pour acheter un appartement et ne veulent pas voir sa valeur réduite d’un tiers ; et d’autres qui annoncent des chutes importantes et la fermeture d’un tiers des sociétés immobilières dans l’année qui vient.)
Voici les nouvelles catégories :
Les super riches : plus de 50 millions de RMB/an
Les très riches : entre 10 et 50 millions de RMB/an
Les riches : entre 3 et 10 millions de RMB/an
Hauts revenus : entre 1 et 3 millions de RMB/an
Aisés : entre 300 000 et 1 millions de RMB/an
La classe moyenne : entre 150 000 et 300 000 RMB/an
Les bas revenus : entre 80 000 et 150 000 RMB/an
Les pauvres : entre 30 000 et 80 000 RMB/an
Les très pauvres : entre 10 000 et 30 000 RMB/an
Les pauvres qui sont vraiment pauvres : entre 5 000 et 10 000 RMB/an
Les pauvres qui n’ont même pas de quoi se vêtir : entre 1 000 et 5 000 RMB/an
Les pauvres trop pauvres pour vivre et trop pauvres pour mourir : entre 100 et 1 000 RMB/an
Les pauvres qui sont tout prêts de la mort : entre 30 et 100 RMB/an
Les pauvres qui n’ont plus qu’à mourir : moins de 30 RMB/an
Posté par Olivier sous Société à 8:39 PM HKT
2 Commentaires »
La confiance en soi des Chinois quant au rôle et à l’importance de la Chine au niveau global prend de l’ampleur. Il serait intéressant d’analyser les opinions de la plupart des Chinois par rapport à l’Occident, mais plutôt que de se lancer dans ce vaste thème difficile à synthétiser, voici un billet qui présente un point de vue que ne démentirait pas un grand nombre de personnes en Chine. Comme d’habitude, Blog en Chine n’a pas la prétention d’expliquer un problème, mais simplement de présenter un avis qui me semble représentatif et assez "mainstream" - comme on dit en bon français…
——
Il semblerait que la Chine soit complètement rentrée récemment dans une nouvelle époque de “boycott”. De Louis Vuitton à Carrefour, de Sharon Stone à “Kung Fu Panda”, une vague vient à peine de passer que déjà arrive la suivante. D’une région à l’ensemble du pays et vice-versa, en à peine quelques mois, c’est comme si des plaintes étouffées depuis longtemps étaient enfin sorties d’un seul coup. Les voix des Chinois se sont en un instant répandues dans tous les coins du monde.
La première fois à l’avoir ressenti, c’est une chanteuse de Taïwan. A l’époque, comme elle avait chanté en public une chanson symbolisant l’indépendance de Taïwan, elle avait été interdite par le Bureau de l’Information (pas sûr de la traduction en français) et l’Administration d’Etat de la Radio, du Film et de la Télévision. Une chanteuse qui était célèbre disparut du jour au lendemain en Chine. Pendant quasiment un an, qu’il s’agisse de la télé, des journaux ou de la radio, on n’a plus rien entendu à son sujet.
Au départ, je n’y croyais pas trop, puis j’ai un ami qui a fait un stage à la télé et qui a vu de ses propres yeux, pendant une diffusion en direct, une note collée au mur précisant « il est interdit de diffuser quelque chanson et information que ce soit concernant la chanteuse XX ». Bien que les choses se soient progressivement adoucies par la suite, les ventes de cette chanteuse ne s’en sont jamais remises.
Si à l’époque on pouvait parler d’un boycott organisé au niveau gouvernemental, ce n’est plus du tout lui qui tient le rôle principal récemment. Les attaques collectives de certains médias étrangers contre la Chine ont enfin provoqué la colère de Chinois longtemps restés discrets. Lors des boycotts qui ont eu lieu à l’échelle nationale contre des marques étrangères ou contre un supermarché (= Carrefour), c’est la population qui a été en première ligne, un phénomène qui peut être qualifié de sans précédent.
(Voici une affirmation avec laquelle j’aimerais bien être d’accord, mais c’est malheureusement moins simple que cela. L’affaire Carrefour montre justement à quel point le gouvernement garde un énorme pouvoir de canalisation et de contrôle des sentiments réels de frustration que des Chinois expriment contre des pays ou des compagnies étrangères).
Certains se sont dressés et ont exprimé leur opposition, disant qu’il fallait faire preuve de raison. Vu d’un autre angle, je trouve que c’est une tendance montrant une nouvelle étape dans le développement d’une atmosphère démocratique en Chine. Le public a déjà appris à utiliser certaines méthodes pour exprimer son insatisfaction et bien évidemment, ces méthodes refusent absolument le recours à la violence.
Lors du relais de la flamme olympique dans différents pays, des étudiants chinois l’ont protégé et des conflits plus ou moins violents s’en sont suivis. Particulièrement en Corée et au Japon, ces événements ont attiré l’attention. Les médias coréens ont sévèrement critiqué et ont été indignés par les actions des étudiants chinois. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me demander si nous avons vraiment choisi la mauvaise manière de nous exprimer.
Est-il si difficile de comprendre nos sentiments patriotiques ? De violents affrontements ont bien eu lieu dernièrement entre des manifestants et la police coréenne en raison de l’affaire de bœuf américain importé. Ils comptent parmi les plus sérieux affrontements de ces dernières années entre le public et la police en Corée. J’en conclus finalement que chacun possède une ardeur patriotique, mais lorsque nous l’exprimons, nous nous laissons facilement emporter.
Il est clair que nous ne soutenons absolument pas la violence pour quelque raison que ce soit. Mais après l’incident Sharon Stone, certains se sont opposés avec véhémence à l’indignation des Chinois et même si aucune violence ne s’est produite, des personnes telles que Han Han (écrivain devenu célèbre en Chine il y a quelques années à l’âge de 19 ou 20 ans, qui est devenu pilote de course par la suite et tient le second blog le plus suivi de Chine – et peut-être au monde – sur le site de sina.com) ont manifesté leur désaccord et ont demandé que nous fassions preuve de tolérance. Au départ, j’ai moi aussi trouvé que c’était une attitude raisonnable. Puis lorsque les voix demandant le boycott de « Kong Fu Panda » se sont faites de plus en plus nombreuses, j’ai également pensé qu’un boycott n’était vraiment pas nécessaire.
Mais, en examinant de nouveau toute cette série d’incidents, je réalise soudainement : pourquoi nous faut-il toujours nous adapter aux autres ? Pourquoi les étrangers ne s’adaptent-ils pas à la colère des Chinois ?
Depuis de nombreuses années, nous avons l’habitude de complimenter l’Occident, nous avons l’habitude que ce soit les autres qui nous disent « non ». Dans un grand nombre de compartiments, les Chinois se trouvent toujours dans de mauvaises positions, montrés du doigt pour leurs mauvaises habitudes et mauvais caractère. Nous avons l’habitude de recevoir ce genre de critiques et de reproches, bien que cela nous laisse un goût très amer.
Lorsque Spielberg a annoncé qu’il cessait sa coopération avec le Comité olympique de Beijing, en raison du respect des Chinois à son égard, sa décision n’a pas tellement provoqué d’hostilité et d’opposition. Lorsque le magasin parisien Lafayette a fait preuve de discrimination contre des Chinois, il y a juste eu un certain nombre de reportages. Il y a quelques années, les hommes d’affaires chinois voulaient constamment intenter des procès aux Européens qui établissaient toutes sortes de barrières légales pour limiter les importations de produits chinois. Les Chinois se sont sentis impuissants lors de l’incident des briquets. Lorsque les « jiaozi » (raviolis chinois) ont été pris pour cible au Japon, nous n’avons pas davantage maudit les Japonais pour cela.
(« Pas davantage » : l’auteur laisse bien entendre que les Japonais et le Japon en général font déjà suffisamment l’objet de critiques répétées en temps normal, une haine engendrée par l’histoire et entretenue – pour différentes raisons – depuis l’école et bien au-delà.)
C’est justement parce que nous nous sommes retenus longtemps que nous avons donné l’impression de pouvoir supporter toutes les humiliations. Face à l’arrogance et (au comportement) irraisonnable des Chinois, la réaction a finalement été celle du Dalaï Lama et de la calomnie collective. Je pense qu’il est donc temps de laisser les Chinois exprimer leur colère.
Je ne trouve pas que le boycott de Carrefour est un comportement irraisonnable. Car nous savons bien au fond, que nous ne pouvons pas provoquer la faillite et la fermeture de Carrefour. Mais notre boycott permet à de nombreuses personnes d’entendre notre voix, leur fait savoir qu’on ne peut plus dire n’importe quoi. C’est la même chose avec Sharon Stone : seuls les gens du spectacle aux Etats-Unis tels que Richard Gere ont le droit de faire des reproches et de critiquer arbitrairement la Chine ? Mais nous, Chinois, n’avons pas le droit de boycotter ? Vous, Européens et Américains, avez le droit de manifester pour la libération du Tibet, mais nous n’avons pas le droit de manifester pour boycotter CNN ?
Bien que je ne soutienne pas le boycott de “ Kung Fu Panda ”, je ne vais pas non plus faire des reproches à ce sujet. Pour le dire simplement, il s’agit uniquement d’une manière pour le public d’exprimer son insatisfaction et d’espérer faire entendre sa voix. Il y a tellement de personnalités qui boycottent Hollywood en Europe et aux Etats-Unis. Le boycott des films de Hollywood par les Français est un phénomène qui dure depuis bien longtemps et se prolonge.
(Je ne suis pas sûr que l’auteur est bien informé, ou bien c’est moi qui ne suis plus du tout à la page, ce qui est bien possible… Plus personne ne regarde les films américains en France ? Merci d’éclairer ma lanterne à ce sujet.)
Il y a toujours des gens qui prenant de la hauteur, éduquent le public et lui demande d’être tolérant, de s’adapter aux plaisanteries des autres. Mais en retournant la question, je trouve qu’il faut aussi éduquer les étrangers, qu’ils s’adaptent à la colère des Chinois ! Nous sommes tous en bonne santé et normalement constitués. Avant, c’est nous qui nous adaptions à vous, à votre tour de vous adapter à nous.
Posté par Olivier sous Société à 11:12 PM HKT
6 Commentaires »
Une fois n’est pas coutume, je vais me faire un peu de pub : le quotidien français La Croix tient une petite rubrique consacrée aux blogs et j’ai eu le privilège d’être parmi les quatre blogs à être sélectionnés - choix forcemment réducteur - par la journaliste Valérie François (dernier paragraphe de l’article).
Plus important que la citation de Blog en Chine par l’article, c’est l’occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas déjà, de voir d’autres blogs de Français vivant en Chine et comment ils percoivent le pays dans lequel ils résident. Bonne lecture et à tout de suite - si rien ne vient se glisser entretemps - avec une nouvelle traduction !
Voici l’article de la Croix :
Un séisme de l’information vécu par les Français en Chine
Posté par Olivier sous Société à 2:52 PM HKT
Pas de commentaires »
Moins d’un mois après le tremblement de terre qui a ravagé le Sichuan, voici un bloggeur qui vit dans une ville touchée par le séisme. Elle n’a pas été rasée de fond en comble, mais le billet qui suit montre bien a quoi ressemble la vie des habitants après le drame. Le blog, daté du 6 juin, est signé Haxibate (et le texte original est ici).
——
Ecrire quoi ? Honnêtement, j’ai vraiment plus grand chose à écrire. Je suis comme tout le monde, je suis fatigué de toutes ces secousses, je ne sens plus rien. Hier à midi 40 et à deux heures trois de l’après-midi, il y a eu des répliques de 5 et de 4,7 (sur l’échelle de Richter), mais ça ne m’a rien fait. Je suis descendu et sorti du bâtiment pendant la réplique, puis le travail a repris normalement juste après. (C’est la routine maintenant,) à moins qu’il s’en produise une grosse et qu’elle m’emporte.
Le soir, très peu de gens se sont rendus dans les véhicules-abris pour dormir, la plupart sont rentrés chez eux. J’ai préparé ma couche et j’ai commencé à regarder une série télévisée, perdant rapidement mon intérêt. Un collègue dormant à côté de moi m’a dit : « tu regardes encore des séries de ce genre en des temps pareils ? Regarde plutôt du porno, ça fait du bien. Ce tremblement de terre nous a complètement détraqués. »
L’alarme du gouvernement n’a pas encore été levée, elle continue à être diffusée de manière récurrente à la télévision et à la radio. Seul le ciel sait quand est-ce que ça s’arrêtera ! Les avions qui prennent des photos aériennes tournent tous les jours au dessus de nos têtes, je me demande ce qu’ils font. Je regarde quasiment pas les informations télévisées et je refuse d’entendre le mot « tremblement de terre ». J’ai juste envie de rentrer à la maison et de m’allonger, ou bien d’aller voir des billets lascifs sur des forums à la noix. Mais en raison des répliques répétées, les bâtiments se sont fissurés et risquent de s’effondrer, dormir à l’intérieur est véritablement dangereux.
Dans notre véhicule se trouve un étudiant qui s’apprête à passer son examen d’entrée à l’université. Avec toutes ces répliques depuis deux semaines, il n’a pas l’esprit aux examens. Tous les jours, il tient ses livres sous les bras et a l’air bien sombre, je me demande si on peut réussir l’examen d’accès à l’université dans un état pareil. J’ai entendu dire que dans le lycée numéro deux de nombreuses baraques faites de planches amovibles ont été construites. L’examen va avoir lieu à la date prévue et le niveau d’entrée des étudiants de la région a été abaissé de 10 points. Et une clause a été ajoutée : si les professeurs se barrent les premiers en cas de répliques, ils seront sévèrement punis. C’est dur comme règle, mais au moins comme ça, on évitera qu’il y ait à nouveau des professeurs qui prennent les jambes à leur cou.
La sirène se met à hurler à l’extérieur, comme si c’était la fin du monde. Elle sonne chaque jour à plusieurs reprises. On sait pas ce qui s’est passé et ça rend les gens nerveux.
Yao Jing dit qu’elle a amené les parents au Fujian, mais elle a encore l’impression que le sol bouge. A chaque repas, la petite cousine de 5 ans mange près de la porte, disant que comme ça, elle pourra sortir rapidement. Notre fils, qui est avec nous dans le véhicule ces jours-ci, me serre souvent très fort dans ses bras. Un soir, il a eu tellement peur qu’il s’est mis à pleurer à cause d’une grande pluie tombant dans la nuit. J’étais en train de renforcer la tente avec un collègue à l’extérieur et il s’est réveillé, découvrant que je n’étais pas à côté de lui.
Les ruines et les corps que l’on voit à la télévision terrorisent beaucoup de gens, qui craignent que ce genre de catastrophe ne leur arrive. Les enfants, aux âmes sensibles, ont encore plus de mal à supporter la tension dans une situation de ce genre. Devant la nature, nous sommes vraiment insignifiants. Il lui suffit de tousser légèrement pour détruire maisons et individus et semer la mort. Impossible de ne pas avoir peur.
Il faut échapper au maximum à la panique qu’amène le tremblement de terre et éviter le plus possible de parler de réplique, ça permet de calmer un peu les choses. Ces derniers jours, ce sont les deux premières fois que l’on m’a dit de retourner à Xi’an (capitale de la province du Shaanxi, qui a été elle aussi touchée par le tremblement du 12 mai, mais à un niveau bien moindre que la province du Sichuan) pour aller étudier. J’ai refusé, la raison étant mes parents. Xi’an est un peu plus sûre qu’ici, mes amis y sont nombreux. S’il n’y a plus de répliques, je vais certainement y aller et me réunir avec eux, me piquer une bonne cuite et roupiller.
Mon camarade Li Xianyang me téléphone plusieurs fois par jour, me demandant d’aller chez lui. Je lui ai dit que la santé de mon père ne m’y autorise pas et que ce sera remis à plus tard. Yang, du Xinjiang, a également tenu des propos similaires. Je les remercie, mais je ne peux pas y aller. Mon bon ami de Jiaxing, A’Bao, s’est finalement marié. Au départ, il avait prévu de se rendre au Sichuan chez moi pour le voyage de mariage, mais avec le tremblement de terre… Je leur souhaite tous mes vœux de bonheur. Mais l’enfoiré a changé son trajet pour le Yunnan et passe son temps à m’envoyer des textos, me disant qu’il est en train de danser avec des Tibétains, que le paysage est si beau à Lijiang…
Et moi ? La plupart du temps, je suis en sueur, en train d’aider à installer des tentes, d’aider des gens à déménager de maisons dangereuses et ayant la trouille qu’une réplique ait lieu pendant le déménagement, m’enterrant vivant.
J’aimerais vraiment que le tremblement de terre fasse partie du passé et que nous puissions reprendre une vie normale. Mais à en juger par la situation, avec plusieurs répliques par jour, on n’est pas encore sorti d’auberge.
Mon collègue Junhong a téléchargé un petit logiciel sur son ordinateur portable qui se relie directement par Internet au Bureau de Sismologie des Etats-Unis. A chaque fois q’une réplique de plus de 4 (sur l’échelle de Richter) se produit, l’ordinateur pousse un cri de terreur qui sert d’alarme pour sortir en courant du bâtiment. Les deux répliques d’hier ont dépassé 4, ce sont les cris de l’ordi qui l’ont prévenu. Et il télécharge constamment les dernières cartes remises à jour de la région touchée par le séisme, distribue des articles scientifiques sur le sujet et parle des théories expliquant les tremblements de terre et la manière d’y parer. L’intérêt est vraiment la motivation principale pour étudier…
J’ai dit à ma mère que j’ai l’intention de rentrer à la maison pour dormir, j’en ai vraiment assez de ces secousses à l’extérieur. Et puis le véhicule est trop chaud. Mais j’espère qu’ils continuent à dormir à l’intérieur, c’est quand même plus sûr. Ma mère me dit que l’alarme va être maintenue jusqu’au 8 (juin) et me demande de tenir encore quelques jours. Les deux répliques d’hier leur ont servi de rappel à rester vigilants.
Le lotissement Kangming est en train d’être rasé très rapidement, deux immeubles ont déjà été détruits. Le journal local dit que nous sommes des “ruines dressées”. Vu de l’extérieur, les bâtiments ont l’air d’être impeccables, peu se sont effondrés, pas comme à Wenchuan, qui n’est plus qu’un amas de gravas. Mais quasiment tous les immeubles sont devenus dangereux, comme un individu qui semble bien de l’extérieur mais dont toutes les côtes sont cassées. Des bâtiments de ce genre sont dispersés dans toute la ville et compte pour plus de 65% du total. Si une réplique plus importante se produit, il est à prévoir qu’ils s’effondreront et le danger sera grand pour les passants.
C’est probablement la raison pour laquelle le gouvernement n’autorise pas à retourner chez soi.
Posté par Olivier sous Société à 6:15 PM HKT
Pas de commentaires »