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27 avril 2008

Le "Nouveau Nationalisme"

Les récents événements ont amené de nombreuses voix - surtout dans les pays occidentaux - a critiqué fortement la Chine, allant parfois jusqu’à comparer les Jeux de 2008 à ceux de 1936. Une comparaison qui, à bien des niveaux, me paraît complètement ridicule et à côté de la plaque.
La réaction du côté chinois a été vive, très vive. Il existe un courant parmi les jeunes - disons parmi les moins de 30 ans pour simplifier - qui a été qualifié par des observateurs étrangers de "nouveau nationalisme". En voici un exemple, sous la forme d’une vidéo réagissant à ce qui est perçu comme une nouvelle série d’attaques venues de l’Ouest.

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Avant de regarder cette vidéo, dont tous les sous-titres sont également en anglais, je tiens à insister sur un point : ce courant qui peut être qualifié à tort ou à raison de "nouveau nationalisme" ne représente aucunement l’ensemble de la population chinoise. Mais comme il concerne principalement les jeunes de moins de 30 ans, il peut rapidement enflammer une plus grande proportion du public chinois en se propageant à travers Internet et SMS, comme cela a été le cas pour l’appel au boycott de Carrefour lancé à partir du 9 avril environ.

Honnêtement, parmi tous mes amis et mes collègues de travail, je serais en peine de trouver 2 ou 3 personnes méritant peut-être l’appellation de "nouveau nationaliste" - et encore… Mais je pense qu’il est important pour les Occidentaux de comprendre à quel point de nombreux Chinois sont fiers du nouveau statut de leur pays sur la scène internationale, fiers d’être le pays hôte des Jeux Olympiques cette année et fiers de ne plus avoir de leçon à recevoir de quiconque. La récente vague de critique venue de l’Occident est perçue comme étant une façon de nier à la Chine sa nouvelle place sur la scène internationale, voire même l’appréhension de la voir devenir une puissance globale avec laquelle il faut compter.

La vidéo en question :


Je ne veux pas m’étendre sur toutes les faiblesses de la vidéo, les contradictions, les inexactitudes, la simplification, le manque de compréhension de la manière dont fonctionnent les médias occidentaux etc. Il s’agit juste de montrer un aspect certes inquiétant même si minoritaire, mais qui ne peut qu’être attisé par les critiques parfois aveugles formulées par l’Occident.

Là encore, c’est de dialogue dont nous avons tous besoin, pour que la Chine d’aujourd’hui ne soit pas comparée à l’Allemagne de 1936, et pour l’on ne parle pas d’un "complot" fomenté par l’Occident pour déstabiliser la Chine. Dans les deux cas, on nage dans l’absurde. Petite touche d’idéalisme pour terminer le billet d’aujourd’hui…

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Posté par Olivier sous Société à 12:03 AM HKT

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20 avril 2008

Rester calme dans la tempête

Carrefour, Louis Vuitton, Hermès… Les entreprises françaises connaissent des jours difficiles en Chine, soumises à la colère de nombreux Chinois se sentant blessés par le sort de la torche olympique lors du relais à Paris. A ceci s’ajoute l’information véhiculée en Chine – et dont j’ignore complètement si elle est exacte – que Louis Vuitton a effectué un don au Dalaï Lama. Les passions sont donc enflammées et bien des personnes se demandent en Chine pourquoi les médias occidentaux en général et la France en particulier se montrent si injustes et critiques envers la Chine.
Bai Yansong, célèbre présentateur et commentateur de CCTV, la télévision centrale de Chine, est une des voix qui se sont élevées pour demander de rester calme. Comme d’autres, il estime que le boycott des entreprises françaises n’est pas la meilleure manière de réagir. Voici ses arguments.

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Récemment, de nombreuses personnes ont reçu ce genre de SMS : considérant la pauvre prestation du relais de la torche olympique à Paris, en France, à laquelle s’ajoute le sponsoring de la “clique du Dalaï Lama par Carrefour, nous appelons à boycotter Carrefour à partir du premier mai, refusant fermement de s’y rendre pour effectuer des achats. Montrons leur la force et l’unité des Chinois !

Je n’irai certainement pas à Carrefour le premier mai, mais ce ne sera pas en raison du boycott : je me rendrai à Sanya (sur l’île de Hainan) pour les préparatifs de l’arrivée de la flamme olympique.

Se rendre ou non à Carrefour est une affaire personnelle. Si de nombreuses personnes ne s’y rendent pas en raison du boycott, je suis sûr que ce jour là, il y aura quand même du monde. D’un point de vue individuel, notre existence ne doit pas subir d’interférences politiques. De plus, se punir soi-même en raison des erreurs des autres revient vraiment à leur donner trop d’importance. Et puis, les employés de Carrefour sont majoritairement des Chinois (98% d’après les chiffres de Carrefour), n’est-ce pas une autre contradiction ? Ajoutons encore à cela que si nous procédons de la sorte, n’est-ce pas utiliser la même méthode que les gens qui nous déplaisent ?

Lors du relais de la torche olympique, il y a effectivement de nombreux Occidentaux qui ont agi de manière peu élégante et franchement lamentable. Lorsque j’ai vu les scènes de la torche arriver dans différents endroits et des Chinois se transformer spontanément en gardiens du feu olympique, ils m’ont profondément ému.

J’ai également ressenti une certaine injustice à leur égard : certains pays, villes et personnes auraient pu faire davantage et le faire mieux pour que le relais de la torche olympique se déroule avec davantage de sécurité et moins d’embarras. Mais la réalité est que cela n’a pas été le cas. Bien sûr, on peut évoquer de nombreuses raisons, mais lorsque le maire d’une ville installe des bannières pour accueillir la torche et la bloquer, comment peut on le croire : a-t-il fait tout son possible ?

Mais la torche olympique n’est pas Beijing, elle appartient au monde et à l’humanité. Si des gens provoquent des incidents, ces incidents influencent le monde entier.

Nous pouvons faire preuve de davantage de calme. Lorsque je vois des gens affligés et se sentant profondément touchés autour de moi, je leur dis toujours : si tu te mets en colère, ils ont atteint leur objectif ; si tu restes calme et continues à faire pour le mieux ce que tu dois faire, transmettre la passion et le rêve enflammés par le relais de la torche olympique, ceux qui ont semé le trouble resteront comme des clowns dans la profondeur des mémoires. Avec notre calme et notre tolérance, donnons-leur l’occasion d’entrer dans l’histoire !

Qu’importe la tempête et les troubles (actuels), si tu peux continuer à sourire et à apprécier le relais de la torche olympique, à apprécier la gloire et le rêve de cette grande célébration, tu resteras toujours le plus fort. Pourquoi ne pas adopter cette attitude ?

Date : 15 avril 2008
Source : http://2008.sohu.com/20080415/n256300545.shtml

Posté par Olivier sous Société à 11:07 PM HKT

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14 avril 2008

Petit morceau de propagande

Il s’agit peut-être d’un de ces billets qui sont calqués, voire reproduisent un texte gouvernemental, donc un exercice de propagande. Ou peut-être d’une opinion personnelle qui reflète parfaitement la position officielle et démontre l’influence de la propagande. Mais quoi qu’il en soit, un texte qui est malheureusement très loin d’offrir une vision aussi équilibrée que celle du billet précédent. Voici donc un petit exercice de propagande.
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Le 24 mars, la torche du relais des Jeux Olympiques de Beijing a été allumée, en même temps que celle de l’héritage de la civilisation humaine, réunissant toutes les personnes aimant la paix et la solidarité.
A cette occasion, le COJOB (comité d’organisation des Jeux Olympiques de Beijing) et le CIO ont mis sur pied le plus grand relais de la flamme jamais organisé dans l’histoire des Jeux.

Cependant, un groupe de personnes avec des objectifs bien différents ont fait tout ce qu’il leur était possible pour saisir cette opportunité en or et atteindre leurs intérêts personnels et maléfiques, la division de la Chine et l’indépendance du Tibet étant l’un d’entre eux.
Depuis que la torche a été allumée, un groupe d’individus, tels des fantômes, l’ont accompagnée sans la quitter d’un pouce. Que ce soit dans l’ancienne Olympe ou à Londres, les “indépendantistes tibétains” se sont livrés à leur mise en scène lamentable. Ceux qui veulent éteindre la flamme olympique sont justement des punaises qui vivent dans la pénombre. La flamme olympique apporte chaleur et lumière à l’humanité, mais à eux, elle apporte une peur sans borne.

Depuis les temps anciens, le sacré et le mal sont engagés dans une lutte sans fin, démontrant la nature duale des choses. Ce monde contradictoire est en butte à une infinité de conflits, mais le développement de l’histoire humaine a depuis longtemps prouvé que le mal ne prévaut jamais.

Depuis les temps anciens, le Tibet est une partie inséparable de la République Populaire de Chine. Depuis qu’ils ont perdu leur contrôle sur les serfs, les anciens maîtres de cette terre sacrée ont tout essayé pour récupérer leur position et pour faire rétrograder la civilisation humaine à son niveau d’antan. Ils ne reculent pas devant les incitations et les rumeurs pour que l’opinion internationale aient des préjudices envers la Chine, leurs actions sont organisées et préméditées et ils veulent atteindre leurs objectifs, leurs intentions étant sinistres à l’extrême.
Les émeutes qui se sont récemment produites au Tibet sont le fruit de leur collusion. Certains médias occidentaux ont rapporté à une population occidentale au bon cœur ce qui est supposé être la noirceur de la Chine. Puis la vérité étant progressivement révélée, ils ont utilisé la destruction du relais de la flamme olympique pour influencer l’opinion internationale et obtenir l’attention de tous.

Mais ils se trompent. Des brigands méprisables ne pourront jamais jouer les rôles principaux. Leur mise en scène lamentable ne cause que haine et condamnation, amenant encore davantage à inciter la protection et le soutien de la flamme. Il suffit qu’elle arrive quelque part pour voir les masses aimant la paix portant des costumes de fête et célébrant la torche, pour voir des gens la suivre spontanément, leurs visages respirant la joie.

Ces tentatives sont futiles et les résultats évidents. Ces obstacles maléfiques rendent la flamme encore plus brillante. Concernant la question du Tibet, le gouvernement chinois a appliqué la plus grande restreinte, déclarant à de nombreuses reprises que la porte du dialogue reste grande ouverte. Leurs actes terroristes et les troubles qu’ils ont provoqués sont leur réponse face à notre patience. Des papillons nocturnes ne peuvent supporter la chaleur qu’apporte un feu de joie et ils essaient de l’éteindre. Mais le résultat est qu’ils ne peuvent que périr dans les flammes. Ceux qui sont perdus ne retrouvent plus leur chemin et finissent comme des papillons nocturnes.

Alors que la lamentable mise en scène se déroulait dans les rues de Londres, les faits ont prouvé que ce genre d’actions n’est pas populaire. Qu’importe dans quel endroit du monde, leur sort sera le même. Tenter d’utiliser le relais de la torche olympique comme leur dernière bouée de sauvetage se révélera être un mauvais calcul. Vouloir s’opposer à la civilisation ne peut aboutir qu’à leur propre extinction.

Texte original:
http://bitibear.blog.sohu.com/84008715.html
Date: 7 avril 2008

Posté par Olivier sous Société à 1:34 AM HKT

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6 avril 2008

Le Tibet : un épineux cas de relations publiques

Merci à Coucou, Tong et Isa, sans lesquels je ne saurais toujours pas que le blog qui suit provient en fait d’un commentateur politique de la télévision Phénix (une chaîne hongkongaise) se nommant Qiu Zhenhai et dont voici le blog :  http://blog.ifeng.com/606641.html. L’introduction qui suit devrait donc commencer par “Voici un billet de Qiu Zhenhai…”.

Voici une bloggeuse qui s’exprime de manière bien articulée sur le Tibet en présentant le décalage entre la perception chinoise et occidentale, son avis sur la question, et les changements d’attitude qui devraient être entrepris des deux côtés. Son article n’a pas l’air d’avoir été lu par grand monde - 8 internautes entre le 31 mars et le 5 avril - mais le contenu vaut la peine de s’y pencher.
Le texte qui suit résume le billet chinois et mes commentaires sont ajoutés en italique.

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La fausse représentation de l’Occident et la fermeture de la Chine

L’ « ouragan tibétain », le conflit entre la Chine et le Tibet, a d’abord éclaté dans les médias. Nombre de médias occidentaux, parmi lesquels CNN, voient la Chine à travers des œillères, ce qui explique les nombreuses erreurs factuelles. Ceci provient des « sentiments particuliers » de l’Occident vis-à-vis du Tibet et également de la différence des systèmes de valeurs au niveau politique entre l’Occident et la Chine. C’est pourquoi un fait très clair, l’attaque de Han par des Tibétains violents, est devenu une répression par les forces chinoises de Tibétains manifestant pacifiquement.

Au cours de ce processus, il y a également eu des journalistes occidentaux qui étaient sur place et qui ont directement rapporté les événements, les plus notables étant le magazine britannique « The Economist » et l’hebdo allemand « Die Zeit ». Bien sûr, certaines erreurs factuelles de journalistes occidentaux, dues à leurs préjugés et à leur idéologie, trouvent également leur cause dans l’immaturité du gouvernement chinois en termes de stratégie de relations publiques lors de la première phase des émeutes.

Quand on considère qu’il est difficile de trouver un Han qui ne soit convaincu que le Tibet ait toujours appartenu à la Chine, avoir une perspective mettant en avant l’ « image de la Chine » vue d’autres pays me paraît une approche très intéressante. Et vu de cet angle, le comportement du gouvernement chinois est à tous les égards un véritable désastre.

Un fait évident est que les journalistes occidentaux ont été obligés de quitter Lhassa et n’ont pas pu obtenir des informations de première main, ils n’ont donc pu dépendre que de leur imagination et de rumeurs pour écrire leurs articles, leurs préjugés et leur idéologie réapparaissant en force.

Besoin de réajustement des deux côtés

Les médias occidentaux doivent d’abord résoudre le problème de leur perception concernant la montée de la Chine, ils doivent user prudence et raison quant à leur position et sentiments sur le Tibet. La Chine doit d’abord résoudre comment accorder davantage de liberté aux médias, et ce d’une manière systématique, pas uniquement en cas d’urgence. Ce qui est sûr, c’est qu’après les émeutes, les autorités chinoises ont ajusté leur stratégie de relations publiques, permettant aux médias occidentaux de visiter le Tibet – même si ils étaient soumis à des restrictions. Mais ces changements sont-ils structurels ou uniquement dus à l’urgence, il est trop tôt pour le dire.

Ici, notre bloggeuse est ou bien très prudente dans sa formulation ou un peu naïve quant aux « restrictions ». Non seulement la « visite guidée » de médias occidentaux triés sur le volet fin mars à Lhassa a été faite sous haute surveillance, mais en plus le gouvernement chinois a échoué dans son opération de relations publiques, puisque 30 moines sont venus « interrompre » avec leur manifestation le bon déroulement des événements, un fait relaté dans l’ensemble de la presse internationale et qui n’a certainement pas manqué de profondément irriter Beijing. A ce niveau, la Chine fait encore face à un problème psychologique : une Chine ouverte et sur l’ascendant ne doit pas craindre les critiques et la surveillance des médias étrangers, notamment occidentaux. Les grandes différences entre médias chinois et occidentaux quant à la manière de voir les émeutes au Tibet ont fait éclater au grand jour les préjugés des médias occidentaux mais aussi les problèmes propres à la Chine. Et ce sont les médias occidentaux qui ont eu le dessous, notamment en étant obligés de s’excuser.

A ce niveau, la Chine fait encore face à un problème psychologique : une Chine ouverte et sur l’ascendant ne doit pas craindre les critiques et la surveillance des médias étrangers, notamment occidentaux. Les grandes différences entre médias chinois et occidentaux quant à la manière de voir les émeutes au Tibet ont fait éclater au grand jour les préjugés des médias occidentaux mais aussi les problèmes propres à la Chine. Et ce sont les médias occidentaux qui ont eu le dessous, notamment en étant obligés de s’excuser.Mais la légère supériorité apparente de la Chine suite aux émeutes au Tibet n’est que superficielle. Si la Chine ne corrige pas sa façon de penser et son système en profondeur, d’autres événements similaires se reproduiront peut-être dans l’avenir et c’est la Chine qui aura le dessous.

Trois remarques : les choses ne sont pas finies concernant la réaction internationale et il n’est pas encore clair qu’elle sera l’influence finale des événements au Tibet sur la très mauvaise opération de « relations publiques » réalisée par Beijing à cette occasion ; notre bloggeuse, qui est très bien informée quant aux réactions internationales, ne cite jamais le fait que les médias chinois ne peuvent en aucune manière commenter librement les événements au Tibet et ne peuvent que suivre sagement la ligne du gouvernement central, il ne s’agit donc pas ici d’un conflit entre médias occidentaux et chinois mais entre différents systèmes de valeurs, problème également abordé dans ce billet.
Troisième et dernière remarque : je dis bravo à cette bloggeuse pour la lucidité dont elle fait preuve quant aux dégâts à long terme pour l’image de la Chine en cas d’absence de changement d’attitude du gouvernement chinois. Elle me paraît juste un peu trop optimiste en parlant d’avenir, car les dégâts sont déjà plus qu’apparents à l’heure actuelle.

Importance des relations publiques internationales pour Beijing : rapidité, honnêteté, transparence

Beijing doit rapidement ramener le calme au Tibet, publier les faits comme ils se sont déroulés, et surtout rapidement laisser les journalistes étrangers se rendre au Tibet pour y enquêter pour diminuer les attaques auxquelles font face les Jeux Olympiques.

Beijing doit également rapidement entamer un travail de relations publiques sur la scène internationale, utilisant un langage international et rapportant des faits authentiques. Tous les bureaux diplomatiques de la Chine à l’étranger devraient tout de suite commencer. Les trois critères à respecter en la matière sont la rapidité, l’honnêteté et la transparence.

Le gouvernement chinois a bien du travail à réaliser dans les deux derniers domaines si il veut parvenir à convaincre un public occidental rendu encore plus méfiant par les derniers événements.

Bien des internautes de pays européens estiment que quelque soit le discours du gouvernement chinois, ils ne lui accordent aucune confiance. Voilà qui froisse nos oreilles, mais cela reflète effectivement la façon de penser du monde occidental vis-à-vis du Tibet. Si la Chine se penche en détail sur cette question et se montre capable de surmonter les limitations dues à sa propre culture politique et améliore ses capacités dans le domaine des relations publiques internationales, cela sera bénéfique pour faire face à toute crise potentielle pouvant surgir durant les 4 mois qui nous séparent encore des Jeux Olympiques.

La complexité du problème tibétain est grande. Les relations entre Han et Tibétains, le respect culturel et le dialogue, autant de domaines qui demandent à être étudiés avec profondeur. A ces problèmes depuis longtemps rejetés à plus tard s’ajoutent l’entremêlement d’intérêts politiques, ce qui aboutit à une complexité grandissante.

Mais cette fois, l’ampleur des émeutes (l’expression utilisée en chinois depuis le 14 mars se traduit littéralement par « frapper, briser et voler », ou vandalisme, auxquels s’ajoute encore le mot « brûler » en quatrième position) fait se dresser les cheveux sur la tête. Si des événements similaires se déroulent dans un pays occidental, quelle que soit la complexité des raisons, le gouvernement de ce pays va pendre des mesures dictées par certaines procédures, tels que dans les cas des émeutes de Los Angeles en 1992 et des banlieues parisiennes en 2005.

Mais lorsqu’il s’agit du Tibet, les médias et les milieux intellectuels occidentaux changent leur façon de penser. Ils sont quasiment tous unanimes pour condamner le gouvernement chinois, condamnant particulièrement l’utilisation de la force policière et demandant la modération aux autorités chinoises, sans se soucier des faits de base : les émeutes !

La longue tradition critique et positiviste des milieux intellectuels occidentaux disparaît pour laisser place à une perception conceptualisée lorsqu’il s’agit de la question du Tibet. C’est pourquoi, que ce soit pour l’étude et la détermination de la position occidentale concernant le Tibet ou pour prendre des mesures de relations publiques sur la scène internationale, comprendre en profondeur les sentiments particuliers des milieux intellectuels occidentaux quant au Tibet est un premier pas (indispensable).

Tibet : sentiments particuliers et aveuglement de l’Occident

1/ Les milieux intellectuels occidentaux possèdent depuis longtemps une tradition de critique, de libéralisme et d’idéalisme. Ils mettent l’accent sur la liberté des citoyens, les droits de l’homme et l’auto-détermination et ne font pas confiance au gouvernement. C’est la richesse spirituelle dont s’est doté l’Occident depuis la Renaissance et la révolution bourgeoise (appellation désignant en Chinois les révolutions anglaise et française des 17e et 18e siècles). Mais lorsque cette richesse spirituelle rencontre la question du Tibet et pour des raisons qui vont être exposées, elle devient difforme.

2/ Le modèle qu’a suivi l’Occident depuis quelques centaines d’années et qui lui a permis de se moderniser avec succès est devenu celui du monde entier. L’histoire a prouvé que les droits de l’homme, la démocratie, la liberté et l’auto-détermination des citoyens constituent un système de valeurs efficace. Il est donc naturellement devenu le système de valeur dominant. Par conséquent, dans ses contacts avec la Chine, l’Occident sent qu’il occupe une position (morale) supérieure. A ceci s’ajoute que la Chine ne peut ni ne doit refuser un système de valeurs qui est déjà devenu une partie du système mondial. Le résultat est un dialogue entre la Chine et l’Occident encore plus déséquilibré.

3/ En raison de la rapide progression de l’Occident et du fort déséquilibre entre les ordres oriental (probablement ici utilisé dans le sens de « chinois ») et occidental, la société occidentale (particulièrement les principaux pays européens) a développé une sorte d’enthousiasme quasi-religieux envers les civilisations primitives de l’humanité, ce qui veut dire avant tout l’Afrique et le Tibet. Ce phénomène culturel n’est pas critiquable, mais le problème est qu’il est difficile d’éviter de rencontrer des « éléments non culturels » (l’auteur veut-elle parler d’éléments politiques ?) qui compliquent encore davantage les choses et qui expliquent une attitude non-objective face au problème du Tibet.

4/ Il existe encore un gouffre entre les idéologies de l’Occident et de la Chine. Particulièrement depuis la fin de la Guerre Froide, le système de valeurs occidental, dominant, a amené l’Occident a occupé une position à la fois raisonnable mais aussi supérieure dans ses rapports avec la majorité des pays du monde, la Chine y compris. Les policiers américains et français peuvent donc traiter des émeutes de manière légale (qu’importe les complexes raisons qui ont provoqué ces émeutes), mais dans le cas de la Chine, ce pays devient immédiatement un objet de critique.

L’entrelacement de ces quatre sentiments particuliers conduit à la division et à la perplexité des milieux intellectuels occidentaux, elles-mêmes attribuables à la combinaison de facteurs que sont la critique, le libéralisme et la simplification du mode de pensée ; ainsi qu’au paradoxe qui existe entre la tradition positiviste et le fait d’ignorer les faits et le sens de la logique.

Tout ceci a une influence certaine sur l’opinion publique et la manière de penser occidentales. Mais une telle situation offre également de grandes opportunités à la Chine pour mettre en place une politique de relations publiques internationales efficace.

Quelques points essentiels à bien maîtriser

La Chine ne peut pas ignorer l’importance des relations publiques concernant la question du Tibet. Pas seulement en raison de la durée et de la complexité de cette question, mais davantage encore parce que si ce problème n’est pas traité comme il faut avant les Jeux Olympiques en août, cela risque d’entraîner une vague d’attaques internationales encore plus virulentes.

Il faut également bien voir que la reconnaissance à long terme de la souveraineté de la Chine sur le Tibet pourrait lever un obstacle structurel dans les relations entre la Chine et l’Occident concernant cette question. Il faut également voir qu’après les émeutes du Tibet, l’immense majorité des gouvernements occidentaux ont exprimé le souhait de voir Beijing faire preuve de modération et ont continué à maintenir la communication avec les autorités chinoises. Concernant la question d’un boycott des Jeux de Beijing, aucun pays ni aucune organisation internationale n’a déclaré adopter cette position. Si la grande majorité des gouvernements occidentaux refuse le boycott, ce mouvement ne prendra pas d’ampleur.

Long terme, court terme

Les relations publiques doivent être entreprises à deux niveaux : sur le long terme et sur le court terme. Dans le premier cas, il s’agit de la communication entre la Chine et l’Occident à long terme, d’améliorations et de corrections que la Chine doit apporter à sa politique concernant le Tibet. Dans le second cas, il s’agit, dans les semaines à venir, de laisser la communauté internationale mieux comprendre ce qui s’est véritablement passé et surtout de laisser les journalistes étrangers se rendre au Tibet pour y enquêter.

Qu’il s’agisse des relations publiques à long terme ou à court terme, certains points sont essentiels : 1, il faut adopter une attitude honnête envers la communauté internationale, même si cela amène à faire face à des personnalités pleines de fausses représentations ; 2, prenant en compte les sentiments particuliers de la communauté internationale (par rapport à la question du Tibet), il faut utiliser le langage et le style qui sont les siens et entamer un travail de persuasion ; 3, en commençant avec des personnalités du monde intellectuel et de grands éditorialistes occidentaux, entamer un dialogue et faire paraître des articles dans la presse occidentale.

Le programme de relations publiques décrit ci-dessus serait des plus bénéfiques au gouvernement chinois ! Quels que soient les désaccords qu’un lecteur occidental peut avoir avec certaines idées émises dans ce blog, le dialogue qui suivrait un tel programme ne pourrait que tempérer la politique chinoise au Tibet et tempérer les commentaires ravageurs, parfois carrément vindicatifs et hargneux qui ont été si souvent véhiculés par les médias occidentaux depuis le 14 mars. Malheureusement, je ne suis pas optimiste quant à la mise en place de cette politique de relations publiques et les dernières semaines montrent plutôt la direction opposée.

Texte original:
http://hzq996.blog.hexun.com/18002185_d.html

Posté par Olivier sous Politique, Société, Médias, J.O. 2008 à 11:47 PM HKT

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