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12 juillet 2007

Gentlemen chinois

“Gentleman” est un terme qu’on associe pas à priori avec la culture chinoise. Voici pourtant une blogueuse qui se demande s’il y a des gentlemen en Chine. Elle expose en fait ce qu’elle pense des hommes chinois dans la société actuelle. Et les commentaires de quelques internautes tendent à montrer que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Andy Lau, gentleman chinois d'aujourd'hui ?——

Y-a t-il des gentlemen (1) en Chine ? Apparemment pas beaucoup.

Le gentleman, c’est une marchandise importée. L’impression que j’en ai, c’est que cette appellation est la “marque” des Anglais.

Pour moi, un gentleman possède une fondation et aussi un prestige (2). Pour ce qui est de la fondation, ce sont les connaissances et la culture, ainsi qu’une éducation familiale qui vient des liens du sang. Concernant le prestige, il s’agit de politesse et de mesure.

Nous voyons dans des films des gentlemen qui ouvrent la porte quand une femme descend d’une voiture, qui de leur main empêche que sa tête ne cogne contre le cadre. C’est un petit geste très minutieux qui ne dévoile qu’un pour cent de l’intégrité morale d’un gentleman.

Le troisième signe dévoilant un gentleman, c’est la franchise. Ce qu’il pense et ce qu’il exprime sont une même chose. En sa présence, les autres se sentent bien et n’ont pas de pression.

La quatrième caractéristique d’un gentleman c’est son goût. Son alimentation, ce qu’il porte, tous les détails montrent ses origines. Un gentleman ne peut pas vivre de manière crasse.

Il y avait un groupe de gens de ce genre dans le passé à Shanghai, qui s’appelaient “lao kele”, les vieux “kele” (3). Non seulement ils étaient vêtus aux petits soins et se faisaient apprécier des dames, mais la façon dont ils traitaient leurs invités étaient totalement irréprochables. Leurs connaissances étaient vastes, ils pouvaient s’entretenir de tous les sujets, s’y connaissaient en beaux alcools et savaient apprécier la vie. On peut dire qu’ils étaient les gentlemen de Shanghai. Mais allez savoir pourquoi, à voir leurs cheveux bien lustrés, on soupçonnait toujours qu’ils valaient mieux ne pas trop s’interroger sur le fond de leur personnalité. Peut-être que les Chinois ont des préjugés contre les hommes qui font attention à leur apparence.

Sur la liste des gentlemen chinois, il y a deux hommes qui s’approchent de près de mes critères : Wang Shi et Andy Lau (Liu Dehua) (4).

Wang Shi est apparemment quelqu’un doté d’un grand enthousiasme. De ces petits yeux émanent sagesse et sincérité. Il a grimpé tant de montagnes de par le monde et son visage respire d’une politesse offerte par la nature : générosité.

Quant à Andy Lau, ce bel homme, il est un des rares maîtres du show business à faire preuve d’une telle conscience professionnelle. Il revêt bien des habits : acteur, chanteur, investisseur. Chacune de ces facettes porte en elle la saveur de ses origines, un homme qui n’a pas eu des débuts faciles. Et après s’être enrichi, qu’il puisse encore garder son caractère originel et conserver un bon équilibre intérieur, cela demande vraiment une certaine énergie de l’esprit.

Aujourd’hui, les hommes chinois ont de plus en plus d’argent, mais spirituellement, la plupart d’entre eux sont pauvres. Encore plus nombreux sont ceux qui ne comprennent rien à la vie. Si on lançait une compétition à travers laquelle le public pourrait élire des gentlemen chinois, tout le monde ferait attention à cette question.

Après tout, il y a bien des choses qui sont plus importantes que le porte-feuille.

Les junzi de l'antiquité, gentlemen du passé ?Commentaires d’internautes :

- Dire que le gentleman, “shenshi” en chinois est une marchandise importée soulève un problème. Qu’est-ce qu’un “shenshi” ? (…)
A l’étranger, on utilise le mot “gentleman”, dont la signification coule sous le sens : une attitude modeste, poli, ayant reçu une excellente éducation, quelque soit son statut social. (…)
Le mot “gentleman” ne devrait pas être traduit par “shenshi”, mais plutôt par “junzi” (voire note de l’éditeur 1). Cela a été une erreur de ceux qui ont traduit le terme.
Il vaut donc mieux que chacun évite de se nommer gentleman, afin d’éviter d’inciter le ridicule des experts !

- Mon avis personnel est que le gentleman, cette marchandise importée, n’est pas un produit d’une qualité si élevée (…). Etre un “Gentleman” est la demande la plus élémentaire que l’on puisse avoir envers un homme. Mais voilà qu’on en est réduit à devoir organiser une compétition publique !! Les gentlemen, on devrait n’avoir qu’à se baisser pour en ramasser !
Tout ce qu’on peut dire, c’est que les hommes chinois sont tous devenus impuissants ! C’est sans la moindre honte qu’ils disputent les places libres aux vieilles personnes (dans les transports publics), qu’ils disputent les taxis aux femmes, et qu’ils passent leur temps à dire : c’est dur d’être un homme ! C’est dur mon cul ! C’est juste qu’ils n’osent pas endosser leurs responsabilités !
A ceux qui crient à longueur de journées “intérêt public” (les bénéfices et services apportés à la population par l’Etat), je demande : savez-vous où se trouve, dans votre ville, l’endroit où vous pouvez faire des dons au “projet de l’espoir” (des dons adressés aux défavorisés) ?

- La génération qui nous a précédés a vécu sans cesse dans les différents mouvements visant à construire le pays (= les années suivant 1949 et la prise du pouvoir par les communistes).
Depuis l’enfance, notre génération n’a pas eu l’occasion de recevoir une bonne éducation et d’apprendre la courtoisie traditionnelle.
Plus tard, nous avons compris que ça n’allait pas, ce n’est qu’alors que nous avons commencé à rattraper notre retard au niveau du savoir-vivre ert de la culture.
Ne pas hériter d’une culture, c’est être dénué de vie. C’est pourquoi aujourd’hui, il existe tant de disparités pour ce qui est du manque de confiance entre individus et d’autres problèmes.
Les nouveaux gentlemen doivent à nouveau former les caractéristiques reposant sur un arrière fond de culture chinoise traditionnelle : que chacun ait un minimum de courtoisie et de principes !
Quelles que soient l’éducation et les qualités intrinsèques de ces gentlemen, il faut qu’ils se distinguent du troupeau !
Aujourd’hui en Chine, de nombreux médias font la promotion du luxe et d’une nouvelle noblesse (= ceux qui ont le plus profité des réformes, en général les nouveaux riches), ils incitent tant de “paysans parvenus” à “profiter”, mais quel est le résultat ?
Il est très important d’aimer son prochain, de se montrer responsable envers la société. Créer une personne au caractère différent de la masse, voilà qui incite aussi au respect !
La foi religieuse est également importante, on a jamais vu la noblesse d’une nation dépourvue de religion…

- (…)
(Comme le précise l’auteur,) le concept de gentleman est une marchandise importée.
Chaque pays est différent, comme le sont les cultures, il est donc normal qu’elles produisent (des concepts) différents.

- “Spirituellement, la plupart d’entre eux sont pauvres” : je suis gravement d’accord !
Maintenant, lorsque l’on marche dans la rue ou dans des lotissements de luxe, ce qu’on lit dans le regard des hommes qui passent, c’est la plupart du temps du vide et de la légèreté.

Laissons donc l’intérêt public adoucir les regards et les coeurs froids !

Notes de l’éditeur :
(1) Le mot gentleman se traduit en chinois par “shenshi”, une traduction dont on peut discuter la justesse et l’exactitude. Comme le dit le premier internaute ayant commenté ce texte, le mot “junzi” serait une autre possibilité, le “junzi” étant un homme de vertu, à la grande force morale et totalement intègre. Cela dit, un “junzi” évoque dans mon esprit des images très différentes que le gentleman anglais, à l’aise dans les conversations et en société, alors que le “junzi” aurait plutôt tendance à faire preuve d’une grande modestie et à ne pas rechercher à se mettre en avant. Des experts auraient certainement de très belles explications à nous donner.
(2) Le mot utilisé en chinois est “mianzi”, le terme communément employé en Chine pour la “face” qu’il s’agit le plus souvent de sauvegarder, ou la face qu’on a perdue. Le terme est également synonyme de prestige et réputation.
(3) D’après la “mer des mots”, le Cihai, Ke Le est le nom d’un moine bouddhiste ayant vécu lors de la dynastie des Song. Je suppose qu’il s’agissait d’un homme de grande vertu et que son nom est resté comme synonyme de moralité. Ou bien peut-être que je me trompe complètement ;-)
(4) Wang Shi est le fondateur et propriétaire d’une compagnie immobilière, Vanke (Wanke en chinois), qui n’est pas en compétition pour s’approprier les meilleurs terrains – et aussi les plus chers – mais est considérée comme construisant toujours de beaux lotissements de qualité; ce qui n’est pas évident en Chine. Il n’est plus en charge du management quotidien de sa compagnie depuis des années et en profite pour voyager autour du monde. Ce n’est pas une figure aussi connue en Chine que Pan Shiyi, le CEO de Soho, une autre société immobilière, qui est très présent au niveau médiatique.
Liu Dehua, un acteur de Hong Kong est plus connu en Occident sous son nom de Andy Lau. L’opinion de cette blogueuse quant aux qualités de gentleman de Andy Lau est probablement très partagée en Chine : bel homme, poli, discret quant à sa vie privée et au sommet de sa profession depuis 20 ans.

Auteur : focus007
Date : 29 avril 2007
Source : http://focus007.blogbus.com/logs/2007/04/5195940.html

Posted by Olivier in Société, Femmes

This entry was posted on 12 juillet 2007 at 5:54 pm and is filed under Société, Femmes. You can follow any responses to this entry through the comments RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

One Response to “Gentlemen chinois”

  1. nacene en chine says:

    Je ne suis pas sûr que toutes les chinoises emploiraient des mots aussi durs…

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